La démocratie participative n’était-elle qu’une parenthèse ? Cette question, les socialistes sont en droit de se la poser, quelques mois après l’élection présidentielle. Et à Saint-Pardoux, elle a rassemblé ce lundi 22 octobre plus de 90 militants et sympathisants, autour de Jean-Louis Bianco. L’ancien directeur de la campagne de Ségolène est venu au cœur des Combrailles, dans le Pays de Menat, pour fournir des exemples de ce qui marche, mais aussi pour savoir comment l’écoute citoyenne vit en Auvergne.
Pour lancer le débat, il évoque les initiatives lancées par plusieurs collectivités locales, le Conseil général des Alpes de Haute-Provence qu’il préside, mais aussi celui des Côtes d’Armor ou de Meurthe-et-Moselle. Là-bas, des jurys citoyens ont travaillé sur des questions très concrètes : les abords des routes et la sécurité. Dans la Région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, la communauté éducative a à sa disposition un « budget participatif », soit 10% des crédits destinés aux lycées. Une expérience parfois difficile à mettre en œuvre : « Je souhaite l’expérimenter dans mon département, j’ai réussi enfin à trouver un collège prêt à s’engager dans cette démarche, mais je ne décide pas seul et tous les élus ne sont pas encore totalement prêts à s’orienter vers ce type de gestion », avoue Jean-Louis Bianco.
Dans la salle, les témoignages sont nombreux. Ainsi, François Farret, chef de file des socialistes à Romagnat, explique comment il veut bâtir un projet municipal avec les citoyens. « Cette phase d’écoute n’enlève en rien à l’élu la nécessité de décider en fin de compte. » L’expérience romagnatoise pourrait faire des petits. Un camarade de Gerzat est venu pour remplir sa besace, collecter des idées, des expériences. Jean-Louis lui donne quelques conseils très pratiques. « A la tête d’une collectivité locale, on ne peut jamais tout faire à la fois. La démocratie participative est un bon moyen pour expliquer et hiérarchiser les priorités en fonction des attentes de la population. »
Vice-présidente du Conseil régional d’Auvergne, Anna Aubois présente à notre invité la démarche impulsée par Pierre-Joël et poursuivie par René avec les Assises territoriales. Elle montre aussi comment, au travers de la contractualisation avec les comités sportifs, la Région s’est engagée dans une démarche de « donnant – donnant ». « La vraie question, c’est celle de l’évaluation et de ses critères », souligne notre camarade. Jean-Louis acquiesce : « la démocratie participative est une démarche extrêmement exigeante ». Bref, une méthode de gouvernance qui n’a rien à voir avec le café du commerce. Carole Courtial en sait quelque chose. Elle suit de près les observatoires citoyens mis en place par le Conseil régional pour passer à la loupe les 82 engagements pris en 2004. « Les élus et les services répondent à toutes les questions, et au terme de ces réunions, ce que l’on entend le plus, c’est : c’est vraiment bien ce que vous faites ! »
Pourtant, des réticences subsistent. Ainsi, certains s’interrogent à haute voix sur les difficultés à faire vivre cette parole citoyenne sans la banaliser, sur les éventuels risques d’« en rajouter une couche supplémentaire » et se demandent comment faire intervenir dans ces débats d’autres personnes que les traditionnels relais d’option et têtes de réseau. Des difficultés réelles mais qui sont sans doute relatives à côté d’autres risques, et notamment celui de l’isolement de l’élu. « Qui a vraiment peur de la démocratie participative aujourd’hui, les élus ou les citoyens ? », demande Alain Noton, militant à Beaumont. Alexandre Pourchon, quant à lui, revient sur les initiatives lancées par Pierre-Joël, avec les rencontres de la ruralité. L’immersion du citoyen dans le débat public est alors gage de transparence là où trop souvent l’opacité est la règle. « On ne fait jamais trop de démocratie et de concertation ! » Et Pascal Guittard d’apporter des nouveaux exemples de cette politique par la preuve, au travers des actions impulsées pour accompagner les porteurs de projets qui s’installent en Auvergne. Des actions sur mesures pensées avec eux dans une véritable stratégie d’accueil.
En guise de conclusion, Pierre Chapdelaine suggère de passer aux travaux pratiques. Le projet des socialistes pour les élections cantonales est en cours d’élaboration. « Nous venons de recevoir un document de travail, c’est-à-dire un document à retravailler. Saisissons cette opportunité pour aller dès maintenant à la rencontre des citoyens sur tous les territoires pour confronter nos propositions à leur expertise et à leurs attentes ». Dans le canton de Menat, deux forums cantonaux seront organisés courant novembre. Une nouvelle étape.