Hier, Kader Arif, secrétaire national du PS en charge des Fédérations, était présent au siège du PS départemental. L’occasion pour lui d’avoir un échange avec les membres du Conseil fédéral et de l’Union des élus socialistes et républicains. Ce n’était pas la foule des grands jours mais l’échange a été utile en ces temps de combats politiques et d’analyses post-électorales.
Naturellement, la question de la refonte de notre logiciel est venue sur le tapis. Chacun convient que nos propositions doivent faire l’objet plus que d’un toilettage. La mondialisation, l’émergence d’un capitalisme financier, le triomphe de l’individualisme, l’urgence écologique, le besoin de sécurités nouvelles exigent de nous des réponses claires et concrètes. Car il ne s’agira pas de ressortir des cartons des textes totalement déconnectés de la réalité !
Si chacun s’accorde sur l’ampleur de la tâche, les questions de calendrier font apparaître des divergences réelles.
Pour certains, il faut engager ce débat tout de suite, le trancher à l’automne par un congrès extraordinaire et entériner une transformation sociale-démocrate. Pour eux, pas de problème, le plan B existe, le logiciel est prêt, il n’y a qu’à demander ! Quelle crédibilité aurions-nous face aux Français avec cette mutation accélérée et superficielle ? Et, au final, quelle réponse en trompe-l’œil, comme si un énième congrès pouvait mettre à plat, en quelques semaines, avec deux mois de vacances, des sujets aussi majeurs ! Les Français attendent autre chose de nous et les militants méritent mieux que cela…
Pour d’autres, visiblement, il est urgent d’attendre, de ne parler que des législatives, de promettre pour demain la rénovation du Parti et de croiser les doigts pour que le soufflet retombe, que la pression se détourne, en attendant que les échéances locales retiennent toutes les attentions et mobilisent toutes les énergies. Ainsi, une fois encore, le chantier de la rénovation du PS aura fait long feu.
Très honnêtement, ces deux propositions me laisse perplexe !
A mon sens, il faut, dès à présent, adresser des signaux forts et concrets de rénovation en direction du peuple de gauche, afin de faire renaître l’espoir et, à partir de la campagne présidentielle, repartir sans attendre à la reconquête. L’application, sans attendre, du non-cumul des mandats et du mandat unique pour les députés qui seront élus en juin pourrait constituer ce signal. Nous serions certainement plus crédibles si notre politique s'appuyait sur des preuves tangibles ! Nous pourrions alors apporter la preuve que le Parti change, qu’il pose des actes pour oxygéner notre démocratie, qu’il crée une dynamique pour faire émerger rapidement une nouvelle génération et bâtir une République à l’image de la France telle qu’elle est !
Très franchement, Kader n'a pas été enthousiasmé. Une fois encore, la prudence est de mise.. Pourtant, le mandat unique des parlementaires figure dans notre Projet, il a été l'une des propositions phare du Pacte présidentiel de Ségolène Royal et il a été repris dans le cadre de la plate-forme législative qui engagent nos candidats !
D’autres signaux sont possibles, et sans doute nécessaires, voire urgents, montrant que le PS change, qu’il ne se contente pas du statu-quo, qu’il sort de son autisme. Mais une fois que ces signaux seront réalisés, il faudra engager un débat sérieux, profond, associant tout le monde. Cela va prendre du temps. Cela mérite en tous cas mieux que les déclarations de guerre que lancent certains camarades, par presse interposée. Car il ne faut pas confondre rénovation et division !
Pierre Chapdelaine, membre du bureau fédéral du PS.